Rêve de Liberté

29 10 2012

On vivait tous ensemble, on était dans le même bahut, dans la même ville. On avait les mêmes passions. Un groupe, ouais, on était une bande de copains qui ne se séparent pas, qui vivent leur vie à fond, sans se soucier du monde qui s’écroule autour d’eux. On était heureux, et c’était la rentrée, on allait passer une année ensemble, à rire et faire des conneries. Mais on avait pris une décision. Ce ne serait pas une année comme les autres. D’un accord tacite et muet, un pacte s’est formé. On voulait vivre, plus que ça, plus que ce qu’on vivait déjà, on voulait vivre plus fort. On a reçu nos emplois du temps, mais aucun de nous la regarder une seule fois, pas même la première semaine, si ce n’est lorsque nous l’avions rangé pour l’oublier aussi tôt.

Nous n’avons assistés à aucun cours, bien que nos camarades de classe s’inquiètent de notre avenir plus que tumultueux. Mais nous avions bien mieux à faire. On sortait. On séchait les cours pour aller dans les supermarchés, et nous volions des caddies pleins de nourritures, et de vêtements, ou d’autres choses encore. Rien ne pouvait nous arrêter. Notre tactique était simple. Vu notre supériorité numérique et notre esprit malin, un groupe occupait les vendeurs/vendeuses, tandis que l’autre remplissait le caddie mine de rien en riant, ne s’efforçant pas le moins du monde d’être discret ; ça aurait été louche, depuis quand les ados sont discrets ? Et au moment de nous diriger vers la caisse pour donner l’illusion que nous allions payer, on fonçait à toute allure vers la sortie, attrapant au vol d’autres affaires superflues, rien que pour se marrer. Le tout était empilé dans le coffre de notre voiture commune, et nous filions en riant, sans nous soucier qu’un jour on nous retrouverait, les vendeurs pouvaient bien nous courir après, on était plus fort, plus malin, invincibles. C’est le mot, invincible. Tous ce que nous voulions, on le faisait, à quoi bon se priver ? Ce n’était pas une vie de débauche, mais une vie enivrante ou l’on pouvait s’éclater, où nos rêves les plus fous se pouvaient d’être accomplis dans l’hystérie la plus grisante. On satisferait toutes nos envies, des plus débiles au plus excitantes, les paris s’enchaînaient et on dansait tous ensemble à u rythme endiablée, dans des soirées enflammées, torrides, de l’alcool, du sexe, de la musique, tout ce qu’on aimait. Tout ce qu’on voulait. Tout était possible.

On aimait ça, et on continuait, à voler, à rire, et personne ne nous critiquaient. Ils n’osaient pas. Ils nous enviaient trop. Nous étions les indomptables, les irrésistibles. Les adultes ne se doutaient de rien, ne se posait pas de question, face à eux, nous cachions notre visage de rebelles, nous gardions la face, et ils ne s’inquiétaient pas, après tout, nous n’étions que des ados, et c’était bien normal que quelques absences leurs soit avertis, mais le visage d’ange et pleins d’arguments les convainquaient sur l’erreur des profs à ne pas nous voir tellement nous étions discrets en cours ( c’est ironique, évidemment, mais comment pouvait-il le savoir ? ).

Et un jour, lorsque nous étions prêts, lorsque nous avions récolté tout le nécessaire, nous sommes partis. A bord de notre voiture volée que nous conduisions à tour de rôle et sans permis, nous avions l’impression d’être tout-puissants. Sans un mot, sans un au-revoir, des rêves et du bonheur plein la tête, nous avons bouclé nos valises et avons fui vers le futur, NOTRE futur, la vie sur la route, à la belle étoile, sans papier, sans argent, sans rien, rien qui pouvait nous trahir, rien qui ne pouvais nous arrêter, nos sommes partis pour ne plus revenir, nous sommes partis vivre éternellement, ensemble pour le reste du temps qui nous restait. Peu importait les événements à suivre, nous n’avions absolument rien à craindre puisque ensembles, nous étions invulnérables !


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